THERAPIE DE COUPLE SEXUALITE ET DESIR
Le désir divergent dans le couple : quand l'un a envie et l'autre non
« Si elle m'aimait vraiment, elle aurait envie de moi. » « S'il m'aimait, il comprendrait que je n'ai pas envie en ce moment. »
Ces deux phrases, je les entends depuis des années, portées tour à tour par l'un ou l'autre partenaire. Elles reposent sur la même croyance, profondément ancrée et profondément trompeuse : que le désir sexuel serait la preuve de l'amour. Or la réalité clinique, comme les recherches en sexologie, dit autre chose : dans la grande majorité des couples installés dans la durée, les deux partenaires n'ont pas envie au même rythme. Le désir divergent n'est pas l'exception. C'est la norme.
Un décalage statistiquement banal
La plupart des couples qui consultent pour « un problème de désir » ne vivent pas une absence de désir chez l'un des deux, mais un écart entre deux désirs bien réels, qui ne s'expriment simplement pas avec la même fréquence ni dans les mêmes conditions.
Ce décalage peut être stable depuis le début de la relation, ou apparaître après un événement précis : une naissance, une charge de travail plus lourde, une maladie, une période de stress prolongée.
Le problème n'est donc presque jamais le décalage en lui-même, il est quasiment inévitable, mais la façon dont le couple se met à l'interpréter et à y réagir.
Désir spontané, désir réactif : deux façons bien différentes de désirer
La sexologue Rosemary Basson a proposé une distinction précieuse pour sortir du malentendu : certaines personnes vivent un désir spontané, qui surgit de lui-même, indépendamment du contexte, une envie qui apparaît « avant » toute interaction. D'autres fonctionnent davantage sur un désir réactif, ou responsif : l'envie n'apparaît qu'après le début d'un contact agréable, d'une proximité, d'une stimulation, elle est une réponse, pas un déclencheur.
Un couple où l'un fonctionne sur le mode spontané et l'autre sur le mode réactif va presque mécaniquement se vivre comme en désaccord de désir, alors qu'il s'agit simplement de deux grammaires du désir différentes. Celui qui attend un signal spontané chez l'autre risque d'attendre longtemps ; celui qui a besoin d'un contexte propice pour que son désir s'éveille se sent, lui, constamment sollicité « à froid ».
« Je ne comprends pas, avant on avait tout le temps envie » — cette phrase oublie souvent que le désir, au début d'une relation, est porté par la nouveauté elle-même, qui joue le rôle de déclencheur spontané pour tout le monde. Une fois la nouveauté retombée, les différences de fonctionnement réapparaissent.Le piège du cercle poursuivant — distant
C'est souvent là que les choses se compliquent. Celui qui a le plus envie se sent repoussé, et a tendance, de bonne foi, à redoubler de tentatives de rapprochement pour vérifier qu'il est toujours désiré. Celui qui a moins envie se sent, lui, mis sous pression, et prend ses distances pour retrouver un espace où le désir pourrait, peut-être, revenir de lui-même. Mais cette prise de distance est perçue par l'autre comme un nouveau rejet — qui renforce ses tentatives de rapprochement. Le couple s'installe alors dans un cercle que l'on retrouve dans presque toutes les configurations de désir divergent : plus l'un poursuit, plus l'autre s'éloigne ; plus l'autre s'éloigne, plus le premier poursuit.
Ce cercle n'a, à la base, rien à voir avec un manque d'amour. Il a à voir avec une mécanique relationnelle qui s'auto-entretient, et qui finit par créer exactement ce que chacun redoutait : un sentiment de rejet chez l'un, un sentiment d'être harcelé chez l'autre.
Sortir du terrain de la preuve d'amour
Le premier mouvement thérapeutique consiste à déloger l'idée que le désir serait un thermomètre de l'amour. On peut aimer profondément sans avoir, à un moment de sa vie, de désir sexuel disponible — pour des raisons hormonales, de fatigue, de charge mentale, de stress, ou simplement de fonctionnement différent. Et on peut avoir du désir pour son ou sa partenaire sans que cela dise quoi que ce soit sur la qualité du lien émotionnel, qui se construit sur d'autres registres.
Concrètement, le travail de couple porte sur plusieurs axes :
● Nommer le fonctionnement de chacun — identifier si l'on est plutôt du côté du désir spontané ou réactif, et ce qui, concrètement, crée les conditions favorables chez l'autre.
● Séparer le désir de l'obligation — une sexualité vécue comme une dette à rembourser éteint durablement le désir, y compris chez celui qui en avait au départ.
● Créer des contextes, pas des exigences — pour un désir réactif, ce qui compte n'est pas la pression mise sur le moment, mais l'instauration régulière de temps de proximité sans attente de rapport sexuel immédiat.
● Interrompre le cercle poursuivant-distant — en travaillant séparément la peur du rejet de l'un et le besoin d'espace de l'autre, pour que chacun cesse de réagir à la stratégie de l'autre.
● Distinguer un problème de désir d'un problème relationnel plus large
Parfois le désir divergent signale un conflit non dit ailleurs dans le couple, qu'il convient alors de traiter en premier.
Ce travail suppose souvent d'accepter une chose inconfortable au départ : qu'il n'y aura peut-être jamais une symétrie parfaite du désir dans le couple, mais qu'il est possible de construire, autour de ce décalage, une sexualité qui reste vivante et désirée par les deux, sans pression ni ressentiment.
Le désir ne circule plus au même rythme dans votre couple ?La thérapie de couple permet de sortir du cercle poursuivant-distant et de retrouver une sexualité apaisée, à Villefranche-sur-Saône
Cabinet de psychothérapie
Marie-Claire Guillemaud Psychothérapeute Intégrative
depuis 16 à vos côtés
à Villefranche-sur-saône.
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