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PSYCHOLOGIE et THERAPIE : LE TRAUMA RELATIONNEL

Dernière mise à jour : 16 mars



LA LOYAUTE TRAUMATIQUE


Quand rester attaché est une façon de survivre

Par Marie-Claire Guillemaud, psychothérapeute Intégrative - Gestalt - Analyse transactionnelle - Hypnose - Programmation-Neuro-Linguistique- Adultes et couples - Villefranche-sur-saône


Il arrive que l'on continue d'aimer quelqu'un qui nous a blessé. Il arrive que l'on revienne encore et encore vers une personne qui nous a fait du mal. Il arrive que l'on protège quelqu'un qui aurait dû être celui ou celle qui nous protégeait.


Si vous vous reconnaissez dans ces mots, vous connaissez peut être - sans le savoir- la loyauté traumatique. Alors, on en parle ?




  1. L'attachement traumatique : le lien qui se forme sous l'abus.


La loyauté traumatique nait dans un paradoxe douloureux : la personne qui vous fait du mal est aussi celle dont vous dépendez.

Lorsqu'un enfant grandit dans un environnement ou l'amour et la blessure viennent de la même source, son cerveau réalise une adaptation remarquable, et nécessaire à sa survie. Il apprend à ne pas voir certaines choses. Non pas par faiblesse, ni par déni conscient, mais pour préserver un lien qui lui est vital.


Admettre que mon parent ne m'aime pas comme il le devrait, c'est vivre dans son corps une menace.

Alors le cerveau fait quelque chose de très logique : il garde en arrière-plan l'idée d'un parent "bon". Un parent qui pourrait exister. Qui pourrait un jour le comprendre, s'excuser, choisir d'être différent. Cette image intérieure permet à l'enfant de rester debout dans un foyer où il n'a aucun contrôle.



2 - A quoi sommes-nous vraiment loyaux ?


Voilà une question qui mérite qu'on s'y attarde, car la réponse peut être surprenante.

On croit être loyal à une personne - le parent réel, avec ses colères, ses absences, ses manquements. Mais en réalité, on est souvent loyal à quelque chose de beaucoup plus profond : à l'espoir.


  • L'espoir que cette fois-ci, il va comprendre


  • A l'attente d'une reconnaissance que l'on n'a jamais vraiment reçue.


  • A l'idée qu'un parent devrait nous choisir, nous protéger, être fier de nous.


  • A un futur réparé, imaginé, espéré depuis l'enfance.


Il existe une différence fondamentale entre le parent réel et le parent imaginaire -celui que notre système intérieur a dû garder vivant pour survivre. Le parent imaginaire est celui qui comprendrait un jour. Celui-ci dirait "J'ai manqué à certains de mes devoirs. Je suis désolé".


On peut être en colère contre le parent réel et rester profondément attaché au parent imaginaire. Ces deux choses coexistent à l'intérieur et c'est précisément là que réside la confusion.  


Cette nuance est immense. Parce qu'elle signifie que votre attachement n'est pas irrationnel - il est tourné vers quelqu'un qui, dans votre monde intérieur existe vraiment.



3 - La loyauté comme mission intérieure


Chez l'enfant, cette loyauté ne reste pas passive. Elle devient une mission

"Si je fais mieux;........ si je deviens plus calme.... si je réussis..... il va finir par comprendre, m'aimer.


Cette conviction silencieuse organise toute une vie. Elle donne naissance à des adultes souvent très performants, très accommodants, très responsables - capables de s'effacer pour préserver la relation, de travailler encore plus fort pour obtenir une validation qui ne viendra jamais tout à fait.


Votre système a appris que votre valeur était conditionnelle. Et il a tout mis en oeuvre pour mériter ce qui aurait dû lui être donné simplement parce que vous existiez.

Ce n'est pas un défaut de caractère. C'est une adaptation intelligente à un environnement qui l'exigeait.


4 - Se détacher : un deuil véritable.


Lorsque, en thérapie ou dans la vie, on commence à percevoir la réalité du parent tel qu'il est - et non plus tel qu'on l'espérait -, quelque chose se fissure.

Ce n'est pas une simple prise de conscience intellectuelle. C'est un deuil.

Un deuil particulièrement douloureux, parce qu'on ne perd pas seulement un lien.


On perd :


  • Un futur imaginaire - la réparation que l'on attendait depuis toujours.


  • Une reconnaissance que l'on espérait depuis l'enfance.


  • Un identité entière, construite autour de la question "comment devenir assez pour être choisi".


Ce deuil peut s'accompagner d'une vague de tristesse profonde, de colère, de vide, de confusion, ou d'une fatigue qui ressemble à une perte de sens. Certains décrivent une sensation étrange de ne plus savoir qui ils sont - parce que pendant des années, tout leur système a tourné autour de cette quête.


Ce n'est pas un régression. C'est le signe que quelque chose d'important se dénoue enfin.


5 - Ce que cela change, quand on comprend.


Comprendre la loyauté traumatique ne résout pas tout - mais cela change profondément le regard que l'on pose sur soi-même.

Cela permet notamment de :


  • Cesser de se juger pour ses attachements "irrationnels" - ils avaient une logique vitale.


  • Distinguer ce que l'on doit à la personne réelle de ce que l'on porte pour le parent imaginaire.


  • Reconnaître les comportements actuels (hyper-perfomance, effacement, besoin de validation, difficulté à créer des liens sains) comme des héritages -et non comme une identité figée.


  • Commencer à faire le deuil sans le vivre comme une trahison.


Car l'un des paradoxes de la loyauté traumatique, c'est que se libérer peut sembler être une trahison (inconsciente). Comme si voir la réalité du parent, c'était l'abandonner -ou se perdre soi-même.


Se libérer d'une loyauté familiale traumatique, ce n'est pas trahir. C'est enfin se choisir.

6 - Les chemins de la résolution

La résolution de la loyauté traumatique est un travail en profondeur. Il ne s'agit pas d'effacer le passé, ni de "pardonner" à tout pris, mais de retrouver une liberté intérieure.


  • Un espace pour nommer

    La première étape est souvent de pouvoir mettre des mots sur ce qui s'est passé -dans un espace safe, sans jugement. Nommer l'abus, la trahison, l'absence. Sans minimiser, sans excuser.


  • Reconnaître les deux parents

    Le travail thérapeutique peut aider à distinguer clairement le parent réel du parent imaginaire - et à faire le deuil de l'un et à honorer la souffrance que l'autre à causé.


  • Récupérer sa propre loyauté

    Peu à peu, il devient possible de rediriger cette émergence de loyauté - non plus vers un espoir qui épuise, mais vers soi-même. Vers ses propres besoins, ses propres valeurs, ses propres choix.


  • Le travail somatique

    ¨Parce que la loyauté traumatique est aussi stockée dans le corps -dans les tensions, les patterns de relation, les réponses automatiques - un travail psycho-corporel doit faire partie intégrante du chemin de guérison.


  • La gestalt et l'analyse transactionnelle.

    Ces deux approches, que je pratique en cabinet à Villefranche-sur-saône, offrent des outils précieux pour explorer ces dynamiques : travailler les "états du moi", revisiter les scènes fondatrices, expérimenter de nouvelles façons d'être en relation avec soi et avec les autres. Le soutien indéfectible du thérapeute, par sa pleine présence et sa formation solide de la psychopathologie des traumas, permet petit à petit de sortir de ces schémas inconscients et retrouver une vie relationnelle plus harmonieuse.


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Pour aller plus loin


Si vous vous reconnaissez dans cet article, si ces mots éveillent quelque chose en vous, sachez qu'il est possible de traverser ce deuil accompagné(e).


Je vous accompagne en cabinet individuel ou en thérapie de couple, à Villefranche-sur-saône et en téléconsultation, dans une espace de confiance.


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"Un espace de confiance, pour mieux se comprendre, mieux vivre, mieux aimer"




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Marie-Claire Guillemaud

Psychothérapeute Intégrative

Gestalt et Analyse Transactionnelle - Adultes & couples

82 rue de Belleville 69400 Villefranche-sur-saône

Consultations en cabinet et en téléconsultation



Cabinet de Gestalt & analyse transactionnelle


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